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Une collaboration de terrain à Mérignac

Nous ne sommes pas dans un comportement « calculé », ou longuement réfléchi, mais bien sur des initiatives spontanées de solidarité !

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Située au sein du relais communal des solidarités dans le quartier du Burck à Mérignac, la Conférence Saint-Vincent de Paul « Sainte-Bernadette » accueille des bénéficiaires et bénévoles de tous horizons. Antoine Avril, responsable de l’équipe locale et Nordine Khenouchi, nouveau bénévole, témoignent à deux voix d’une collaboration de terrain entre les communautés musulmanes et catholiques.

 

Antoine Avril

président de la Conférence Saint-Vincent de Paul Sainte-Bernadette de Mérignac :

 

De quand datent ces liens entre les deux communautés pour des actions de solidarité ?

Cette collaboration a débuté du temps de Pierre Boutevin, le précédent président de la Conférence Saint-Vincent de Paul de Mérignac. C’est d’abord une collaboration de terrain. Elle a démarré tout simplement par un don important fait par la communauté musulmane, il y a quelques années, au profit de la Conférence Saint-Vincent de Paul. En
effet, parmi nos bénéficiaires nous comptons de notre côté beaucoup de personnes issues de cette communauté.

Côté bénévoles, nous avons également au sein de nos équipes des personnes des deux religions. De plus, lors d’actions comme la collecte pour la Banque alimentaire, nous travaillons au côté de groupes de scouts catholiques, de jeunes musulmans et musulmanes, etc. Par ailleurs, des relations entre la mosquée de Mérignac et la paroisse catholique se sont tissés ces dernières années, dans un esprit de dialogue et de découverte mutuelle.

Comment définiriez-vous vos échanges ? Qu’est-ce que ce partage vous apporte ?
Nous ne sommes pas dans un comportement « calculé », ou longuement réfléchi, mais bien sur des initiatives spontanées de solidarité ! Personne n’abandonne ici ses convictions religieuses mais on ne cherche pas non plus à théoriser cet échange, nous sommes tout simplement au service de notre prochain.

 

QUELQUES CHIFFRES. La Conférence Saint-Vincent de Paul « Sainte-Bernadette » de Mérignac accueille à l’année quelque 800 bénéficiaires, soit environ 300 familles, et distribue près de 100 tonnes par an de denrées alimentaires. Une bourse aux vêtements et un accueil sont aussi organisés au sein du relais communal des solidarités pour tisser du lien entre bénéficiaires et bénévoles.

Nordine Khenouchi

55 ans, bénévole à Saint-Vincent de Paul depuis septembre dernier

 

Comment avez-vous connu la Conférence Saint-Vincent de Paul ?
Dans ma vie, j’ai eu la chance d’avoir été aidé plusieurs fois par des chrétiens. J’ai aussi reçu le témoignage de ma famille, musulmane, où le partage a toujours été quelque chose d’essentiel. Ma mère est également engagée depuis des années dans le dialogue entre chrétiens et musulmans à Lille.
À Bordeaux, lorsque j’ai été en galère pendant un temps, je suis passé par le Coffee bus solidaire de la place de la Victoire, tenu par les protestants, j’y ai aussi donné un coup de main. Lorsque je suis arrivé à la fin de l’été dernier à Mérignac, je suis passé plusieurs fois devant le relais des solidarités et un jour j’ai osé franchir la porte. J’y ai croisé un regard plein de gentillesse, tout simplement. J’ai expliqué être en situation de précarité et avoir
surtout peur de m’isoler, on m’a alors accueilli sans aucun souci et j’ai souhaité donner un coup de main en retour.

Que vous apporte votre engagement comme bénévole ?
Je mets un point d’honneur à être présent tous les lundis et mardis. Il faut dire qu’en faisant du bien aux autres, je me fais aussi un bien fou ! J’essaie du coup d’aider autour de moi au quotidien, que ce soit un aveugle à traverser la rue, une personne âgée à porter ses courses jusque chez elle… Les gens n’osent pas toujours aider, car cela peut vite paraître lourd et épuisant tellement la tâche semble immense. Mais j’aime à croire qu’en posant de simples petits gestes, en prenant un petit moment pour aider quelqu’un, cela peut en amener d’autres à aider à leur tour… Aujourd’hui, j’ai 55 ans, j’ai fait de nombreux boulots mais je sais qu’à mon âge cela me sera difficile de retrouver du travail. J’ai donc envie de m’investir dans des actions de solidarité. Je viens ainsi de m’engager dans l’accueil des migrants, en lien cette fois avec le Diaconat protestant qui est présent à Mérignac.
Je pense que, face aux difficultés qui se profilent à l’horizon, nous devons être de plus en plus nombreux à nous mettre
au service les uns des autres.

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